Après le VIH

J’ai grandi dans les années 1990, cette génération qui écoutait en boucle « Le plastique c’est fantastique » et rigolait quand un·e parents prononçait ces deux mots « Sortez couverts ». Il y avait eu la génération précédente, qui avait connu les copains atteints par le VIH, qui en mouraient, parfois à vingt ans à peine. Il y avait eu la peur, l’épidémie honteuse. Puis, il y a eu les générations suivantes, dont l’espoir tenait entre les mains de la recherche scientifique, ses avancées bousculées par les militant·es d’Act Up Paris, qui à raison, voulaient accélérer prise de conscience et recherche de solutions. Il y eut les dépistages, les traitements, la prévention.

En France, l’épidémie a reculé. Les traitements antirétroviraux pour les malades sont efficaces. La PrEP, traitement préventif pour les populations à risque, est déployée.

En 2025, la « Gen Z »[1] est celle des informations à portée de pouces. Pourtant, le VIH, parce qu’on n’en meure presque plus en France, est devenu un non sujet, relégué au passé, une page de l’histoire dramatique, une hécatombe meurtrière. Marginalement, le Sida est resté une des maladies des personnes éloignées de tout : en situation de migration, de prostitution, usagères de drogues.

Le Sida peut être vaincu. La France a réaffirmé ses engagements d’éradication d’ici 2030. Sans moyens financiers conséquents, le Sida perdurera.

La santé mondiale est en danger. Depuis l’élection de Trump, l’objectif 2030 s’éloigne. On estime les conséquences de ses choix en défaveur de l’OMS[2] à 10 millions de nouvelles infections et 3 millions de morts dans les quatre ans.

En France également, le ministère de la santé met en péril les structures œuvrant dans le domaine, dont Aides qui a annoncé un plan de licenciements sans précédent : 61 salarié·es sur 500.

Les PLF[3] et PLFSS[4] 2026 fragilisent le système de santé. Pourtant, le budget de la sécurité sociale et son financement, par toutes et tous via les cotisations, est la seule manière d’assurer traitements aux personnes atteintes de maladies graves. La remise en cause de l’AME[5] est une honte ! Elle vient détricoter un système qui repose tout entier sur la prévention et le soin des un·es pour prévenir et soigner les autres ; la santé publique.

La « remobilisation » est à l’ordre du jour. Elle est question d’argent. Éradiquer le VIH, c’est atteignable ! La recherche de recettes doit permettre de dégager des budgets pour permettre à chacun·e de vivre en bonne santé, et, partout dans le monde, d’être soigné·e.

[1] Génération des personnes nées entre 1997 et 2010

[2] Organisation Mondiale de la Santé

[3] Projet de loi de finances

[4] Projet de loi de financement de la sécurité sociale

[5] Aide médicale de l’État : aide sociale principalement destinée à prendre en charge les dépenses médicales des étrangers en situation irrégulière sur le territoire français

 

Rendez-vous ca samedi 29 novembre aux manifestations en soutien de la Palestine !

Publié par L’APRÈS le 03 décembre 2025