Comme ses prédécesseurs, Sébastien Lecornu refuse d’appliquer une justice fiscale et de mettre à contribution les fortunes de France préférant une politique de la soustraction et la destruction du tissu associatif, qui figure parmi les derniers remparts contre l’extrême-droite. Son Projet de Loi de Finances 2026 prévoit une réduction de 16 millions d’euros du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique Locale (FSER), ramenant son enveloppe de 35 à 19 millions d’euros, soit une baisse de 44 % par rapport à 2025.
Les Locales, rassemblant la Confédération Nationale des Radios Associatives (CNRA) et le Syndicat National des Radios Libres (SNRL) tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences d’une telle mesure qui va détruire tout un écosystème qui dure depuis plus de 40 ans. Cette attaque en règle risque de faire disparaître plus de la moitié des radios et près de 80 % des emplois du secteur seraient menacés.
Alors qu’il existe une concentration des médias dans les mains de quelques milliardaires, l’État n’exerce plus sa fonction de régulateur. Sa mission est de préserver le pluralisme des expressions au nom de l’intérêt général. Il livre désormais l’opinion aux influenceurs de masse qui servent les intérêts particuliers. C’est une atteinte à la démocratie culturelle et à la cohésion sociale puisque les radios associatives participent à l’épanouissement de la diversité culturelle, à la valorisation des initiatives locales et au sentiment d’appartenance à un territoire par les liens qu’elles tissent avec les habitantes et habitants. Les radios associatives sont une voix essentielle dans l’espace médiatique actuel car elles portent une parole différenciée loin des logiques économiques des grands groupes industriels. Actrices de l’éducation populaire, elles donnent, chaque jour, la parole aux citoyens et citoyennes et sont engagées dans la formation aux médias et à l’information.
L’Après soutient Les Locales dans leur combat « pour défendre le pluralisme radiophonique et la liberté d’expression locale. »
En vertu de l’Article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. », l’Après appelle le gouvernement Lecornu à garantir la liberté d’expression en donnant les moyens nécessaires à ce secteur non-lucratif afin qu’il puisse exister face l’hégémonie commerciale du paysage médiatique.