L’APRÈS réaffirme son soutien total et inconditionnel à Pınar Selek, sociologue, écrivaine, poète et chercheuse, victime depuis plus de vingt-cinq ans d’un acharnement judiciaire et politique emblématique de la répression exercée par l’État turc contre toute voix critique.
Après avoir été emprisonnée et torturée, puis acquittée à plusieurs reprises, Pınar Selek reste pourtant sous la menace permanente d’une justice instrumentalisée. Un nouveau procès est prévu le 2 avril, prolongeant une procédure absurde et violente, en dépit de l’absence totale de preuves et des décisions judiciaires antérieures. Cette répétition des poursuites constitue une stratégie d’épuisement, visant à punir une intellectuelle et poète pour ses engagements féministes, pacifistes et pour la défense des minorités.
Le cas de Pınar Selek n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un contexte de durcissement autoritaire du régime turc, marqué par la criminalisation des universitaires, la mise au pas des institutions académiques, l’emprisonnement des opposant·es et l’écrasement de toute pensée dissidente. En Turquie, la justice n’est plus un contre-pouvoir : elle est devenue un instrument de répression politique.
Pınar Selek nomme elle-même cette violence sans fin :
« Une injustice qui se répète devient une torture. »
Malgré l’exil, les menaces et l’acharnement judiciaire, Pınar Selek continue d’écrire, de chercher et de créer. Sa poésie et ses écrits scientifiques témoignent d’une pensée libre et engagée, capable de conjuguer rigueur académique et force créative, tout en donnant voix aux minorisé·es et aux résistances. À l’approche de la publication de son nouveau livre, le 16 février, l’APRES rappelle que soutenir Pınar Selek, c’est défendre une recherche vivante, critique et profondément humaine.
L’APRÈS appelle à une mobilisation large et déterminée de la communauté universitaire, du monde de la recherche, des institutions culturelles et des forces politiques démocratiques pour :
- dénoncer l’acharnement judiciaire exercé par l’État turc,
- exiger l’abandon définitif de toutes les poursuites contre Pınar Selek,
- affirmer un soutien public avant et lors du procès du 2 avril.
Soutenir Pınar Selek, c’est refuser la normalisation de la répression.
Soutenir Pınar Selek, c’est défendre la liberté académique et la création poétique.
Soutenir Pınar Selek, c’est affirmer que la justice et la liberté intellectuelle ne peuvent être des outils de vengeance politique.
L’APRÈS restera pleinement mobilisée aux côtés de Pınar Selek et de toutes celles et ceux qui, en Turquie et ailleurs, sont poursuivi·es pour avoir pensé, écrit et résisté.