Ce 10 novembre à 11h31, les femmes en France ont cessé symboliquement d’être payées. Selon l’INSEE, elles gagnent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes. Ce chiffre signifie qu’à partir de cette date et de cette heure, elles travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année.
Cinquante-trois ans après la loi de 1972, qui impose “à travail de valeur égale, salaire égal”, cette inégalité persiste. Ce n’est pas une anomalie du marché, mais une injustice structurelle. L’égalité salariale n’est pas une faveur à négocier : c’est un droit inscrit dans la loi, bafoué chaque jour.
Les femmes sont concentrées dans les métiers essentiels mais sous-payés — soins, éducation, social, nettoyage. Elles subissent les temps partiels imposés, les carrières hachées, les plafonds de verre, les congés maternité encore vécus comme une faute. Cette précarisation se prolonge jusque dans la vieillesse : en moyenne, les retraites des femmes sont inférieures de 31% à celles des hommes, selon l'INSEE. Une double peine pour celles qui, toute leur vie, ont fait tourner le pays.
Face à cela, les discours ne suffisent plus. L’égalité salariale doit être appliquée, contrôlée, sanctionnée. Il faut en finir avec l’impunité patronale, instaurer une réelle transparence salariale, et revaloriser les métiers féminisés, ceux du soin, du lien, de la vie.
Pour L’APRÈS, l’égalité économique est au cœur de l’émancipation. C’est pourquoi nous sommes aux côtés du collectif Grève Féministe — qui rassemble syndicats, associations et partis progressistes — lors des rassemblements des 22 et 25 novembre partout en France. Ces dates sont un appel à la mobilisation.
Parce que la domination économique est une violence — une violence quotidienne, invisible, systémique — et qu’elle frappe d’abord les femmes, la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes -25 novembre- doit être un temps fort de revendication.
Retrouvez toutes les actions sur : https://www.grevefeministe.fr/agir/
Pascale MARTIN