Depuis plusieurs mois, le monde de la culture subit de multiples attaques. Baisse des financements dans les collectivités locales et au ministère de la Culture, arrêt brutal de la part collective du Pass Culture, actes de censure, marchandisation généralisée, remise en cause de l’audiovisuel public : les offensives se multiplient. Elles visent non seulement un secteur professionnel, mais aussi une certaine idée de la France - ouverte, créative, émancipatrice.
Une colère légitime face au mépris du gouvernement
Dans ce contexte, les salarié·es du Festival d’Avignon et du Off - artistes, technicien·nes, personnels administratifs et d’accueil - ont lancé un appel clair : refuser la venue de Rachida Dati dans leurs lieux de travail. Ils et elles dénoncent le mépris affiché par la ministre envers le spectacle vivant, son absence de soutien aux professions artistiques, et le scandale politique que constitue son maintien en poste alors qu’elle est mise en examen pour corruption.
Ce cri d’alerte a résonné avec force lors du rassemblement du 16 juillet à Avignon, place de l’Horloge où plus de 300 personnes ont répondu présentes.Cette mobilisation a rassemblé syndicats, collectifs et forces politiques - dont L’APRÈS 84 - aux côtés de nombreuses personnalités comme Emma Rafowicz, François Ruffin, Raquel Garrido, Olivier Faure, Sophie Taillé-Polian, Fatiha Keloua-Hachi ou encore Alexis Corbière. Une démonstration de solidarité et de combativité nécessaire, à la hauteur des attaques subies par le monde de la culture.
Une offensive politique globale
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement une crise sectorielle. La culture est prise en étau entre austérité budgétaire et autoritarisme politique. Ces coupes ne relèvent pas de simples contraintes financières : elles s’inscrivent dans un projet cohérent de démantèlement des services publics, de mise au pas des médias, de limitation des libertés artistiques et de soumission à une logique marchande.
Partout, l’extrême droite mène un combat similaire : affaiblir les lieux de pensée, museler la création, désinformer, attaquer les droits culturels et restreindre la liberté d’expression. Ces offensives portent atteinte aux fondements mêmes de notre démocratie.
Des résistances à amplifier
Face à ces menaces, des résistances multiples émergent. Partout, des artistes, des lieux, des collectifs, des élu·es inventent d’autres manières de faire culture : pratiques artistiques ancrées dans les territoires, espaces d’émancipation partagée, liens vivants entre savoirs, arts et population.
Ces dynamiques ont contribué à faire émerger le Nouveau Front Populaire. Il est temps de les inscrire dans une stratégie politique plus large, pour construire une alternative culturelle et démocratique à la hauteur des enjeux.
Ce que nous portons à L’APRÈS
L’APRÈS fait de la culture un levier central de l’émancipation humaine et de la refondation démocratique.
Nous souhaitons ouvrir un large débat citoyen et professionnel autour de plusieurs orientations structurantes, qui pourraient fonder une véritable alternative culturelle et sociale :
- la libération de la création artistique et des médias des logiques de marchandisation
- la refondation d’un service public de la culture à partir des initiatives qui émergent des territoires
- la mise en place d’une sécurité sociale de la culture et d’un statut protecteur pour les artistes et les travailleur·ses de la culture
- la reconnaissance de l’accès à la création et à la vie culturelle comme un droit fondamental
Contre l’austérité et le repli identitaire, nous affirmons que la culture est un bien commun à défendre et à faire grandir.
La tribune des travailleur·ses du Festival d’Avignon :
https://www.change.org/Tribune_Avignon2025
Contact : [email protected]