Georges Ibrahim Abdallah est enfin en passe d’être libéré, après plus de quarante années de détention dans les prisons françaises. Une incarcération d’une durée inédite, marquée par un acharnement d’État, au mépris du droit et de la justice, et sous l’influence constante des exigences des États-Unis et d’Israël.
Arrêté en 1984, condamné en 1987 pour complicité dans les assassinats d’un diplomate américain et d’un agent du Mossad, il n’a jamais été reconnu comme auteur direct des faits. Aucune preuve matérielle ne le relie formellement à ces assassinats, implication qu’il a toujours niée. Sa condamnation s’est inscrite dans un contexte international extrêmement tendu : guerre froide, guerre civile au Liban, attentats au Moyen-Orient et en Europe. Il a été jugé autant sur ses actes présumés que sur son engagement politique.
Libérable depuis 1999, Georges Abdallah est resté fidèle à ses convictions. Son maintien en détention pendant plus de deux décennies supplémentaires ne repose sur aucune base juridique solide : il s’agit d’un choix politique, dénoncé depuis des années par ses soutiens.
Malgré plusieurs avis favorables à sa libération, les autorités françaises ont systématiquement recouru à des manœuvres judiciaires et administratives pour prolonger son enfermement. Cette « vengeance d’État », selon les mots de son avocat, visait à faire taire une figure devenue emblématique pour une partie du mouvement anticolonialiste. Ce sont la ténacité de sa défense, la solidarité de ses soutiens, et une mobilisation internationale constante qui ont permis de maintenir l’attention sur sa situation.
Si elle se confirme, sa libération – arrachée de haute lutte – marquera la fin d’une injustice flagrante et constituera une victoire pour toutes celles et ceux qui défendent les droits fondamentaux, la justice et la liberté d’expression politique.
Elle interviendrait cependant dans un contexte où l’État français continue de réprimer les mobilisations en soutien au peuple palestinien et les voix qui dénoncent les violences de l’État israélien. Ce climat de répression rend d’autant plus nécessaire une vigilance démocratique renforcée.
Nous restons pleinement mobilisé·es. Tant que Georges Ibrahim Abdallah n’est pas dehors, nous continuerons d’exiger sa libération effective. L’APRÈS participera aux mobilisations unitaires portées par les principes de justice, de droit, de liberté et de paix.
Liberté pour Georges Abdallah !
Respect des droits fondamentaux pour toutes et tous !
Non à l’acharnement contre les prisonnier·es politiques !