Hommage à Jean Malifaud

« Malif » était un infatigable combattant internationaliste. La Grèce, le Vietnam, le Chili… Le Nicaragua, sûrement sa plus belle histoire d’amour militante et enfin, l’Ukraine résistante.

Engagé depuis l’entrée du FSLN à Managua dans le mouvement de solidarité, Jean partit six mois au Nicaragua, en pleine guerre de la Contra, en 1984, enseigner à l’université. Il voulait comprendre cette révolution atypique, qui nous fit tant débattre, où un mouvement armé avait passé des alliances avec une partie de la bourgeoisie pour chasser le dictateur Somoza, nommant ensuite des prêtres aux ministères de la Culture ou de l’Éducation, lançant une réforme agraire et une campagne d’alphabétisation où des jeunes des villes allaient apprendre à lire à des paysans.

L’Ukraine résistant à l’envahisseur russe aura été son dernier engagement fort. Il fut là aussi, malgré l’âge, et ces derniers mois la maladie, de toutes les manifestations, débats, projections, sollicitant élu.es et syndicalistes pour desserrer le blocus de l’indifférence ou de l’incompréhension d’une partie de la gauche.

Il n’aura pu participer au rassemblement Venezuela, ce 10 janvier, qu’il nous pressait d’organiser.

S’il a été un militant politique convaincu et convainquant, un internationaliste joignant les actes à la parole, il était aussi un grand militant syndical. Du SNESup mais surtout de la FSU. Expulsés de la FEN nous avons, avec plein de camarades dont Monique, investi tout ce que nous avions appris politiquement dans la construction, ô combien hasardeuse et risquée, de ce nouvel outil syndical. Participant à la rédaction des statuts, bataillant au quotidien qu'il s'agisse de convaincre de la grève reconductible, ce fétiche de la tendance Ecole émancipée ces années-là, ou pour que la FSU s’engage dans la lutte, victorieuse, contre le Traité constitutionnel européen aux côtés de partis politiques, en 2005.

Débatteur solide, parfois cinglant mais toujours respectueux, il a été un dirigeant syndical et un militant politique respecté par tous·tes.

Monique a toute notre amitié et notre solidarité, ainsi que la famille de Jean, ses enfants, petits et arrière-petits enfants.

 

Mariana Sanchez et Jean-Michel Drevon

Publié par L’APRÈS le 21 janvier 2026