Journée mondiale de lutte contre le sida : un recul historique des financements et des engagements internationaux

En ce 1er décembre, journée internationale de lutte contre le sida, L’APRÈS réaffirme son engagement à soutenir sans relâche la lutte contre le VIH/sida. L’épidémie n’est pas terminée et, sans action des gouvernements, elle pourrait regagner en intensité.

Selon l’ONUSIDA, sur près de 40 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, 9,2 millions n’ont plus accès au traitement. Après dix ans de baisse des financements, la lutte connaît un revers majeur, marqué par la suspension du principal contributeur international, les États-Unis, dont le programme PEPFAR représentait 58 % du financement mondial. Selon le Sidaction, les coupes massives pourraient entraîner 22,6 millions de morts évitables d’ici 2030.

La France, deuxième contributrice historique du Fonds mondial, s’est distinguée par son absence lors de la dernière conférence de reconstitution. Emmanuel Macron devient le premier président de la République à ne pas y participer, là où même l’administration Trump avait maintenu, à la baisse, la présence américaine. Le Fonds mondial n’a recueilli que 11,34 milliards de dollars, loin des 18 milliards nécessaires pour espérer mettre fin à l’épidémie d’ici 2030, un objectif désormais fortement compromis par le désengagement des États.

Renforcer les systèmes de santé ailleurs, c’est aussi se protéger ici : moins de pandémies, plus de stabilité et une économie mondiale plus résiliente.

En France, les jeunes sont en première ligne : les découvertes de séropositivité chez les 15–24 ans ont augmenté de 41 %, tandis qu’elles diminuent chez les plus âgés. Le non-recours à l’AME (51 % en 2019), accentué par la stigmatisation des personnes migrantes, maintient une partie d’entre elles hors du système de soins, ce qui retarde le dépistage et peut entraîner une évolution du VIH non traité vers le sida.

La non-extension de la prime Ségur au secteur médico-social fragilise durablement les associations. Près de 400 à 450 millions manquent côté ARS, et les départements ne disposent que de la moitié des 170 millions nécessaires. Faute de financements, les associations détournent des ressources vers la recherche de fonds, au détriment de l’accompagnement des publics. Cette sous-dotation chronique conduit à des plans sociaux, comme celui annoncé par AIDES, et menace d’autres structures.

Face au recul des financements et à l’abandon des engagements internationaux, laisser le VIH regagner du terrain relève d’un choix politique. Les moyens et solutions existent, seule manque la volonté. Plus de quarante ans après le début de l’épidémie, il est urgent que la communauté internationale, et la France en particulier, se ressaisissent : la lutte contre le VIH ne peut plus attendre.

Publié par L’APRÈS le 01 décembre 2025