Le 22 janvier l'Assemblée Nationale est appelée à élargir les dérogations au travail le 1er mai. Les Républicains ont fait adopter un texte au Sénat qui arrive à l’Assemblée.
Sous couvert de l’ouverture des boulangeries le 1 er mai, le syndicat patronal du secteur mène campagne depuis des mois. Leur objectif : faire travailler tout ou partie des 130 000 salariés du secteur.
Cet élargissement serait une brèche inacceptable, un coin enfoncé dans la nature du 1er mai. Si ce texte était voté ce serait une porte ouverte au travail de toutes et tous le 1er mai. Comme les dérogations au travail le dimanche supposées limitées se sont étendues largement depuis 10 ans.
Rien ne le justifie. Les dérogations nécessaires au bon fonctionnement des activités et services nécessitant la présence de salariés existent déjà. Et les artisans boulangers peuvent déjà ouvrir leur boutique sans leurs salariés. L'ensemble des organisations syndicales (*) appelle les députés à rejeter ce texte. Leur appel (**) déclare justement :
« Le projet d’établir une liste d'établissements visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité du 1er mai.
Or à chaque fois qu'un principe est remis en cause, la dérogation s’étend progressivement à toutes et tous.
Le travail le dimanche en est l’illustration. Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être. Quant au « volontariat », ajouté pour rassurer, il n'existe pas réellement du fait
du lien de subordination inhérent au contrat de travail, d’autant plus dans les TPE. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement,
ou de non-recrutement pour les nouveaux·elles salarié·es. »
Nous répondons favorablement à cet appel. Nous appelons l’ensemble de la gauche à l'Assemblée Nationale à rejeter cette proposition de loi. Nos députés voteront contre ce texte. Le 1er mai a une dimension internationale. C'est la fête des travailleuses et des travailleurs partout dans le monde. Le banaliser c'est bien davantage que s'en prendre à un symbole. C'est attaquer un droit de millions de salariés. Le 1er mai est le seul jour férié, chômé et payé. Il doit le rester.
Jean-Claude Mamet
(*) CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires, FSU
(**) https://www.cgt.fr/actualites/france/mobilisation/le-22-janvier-lassemblee-nationale-doit-rejeter-lattaque-du-1er-mai-seul-jour-obligatoirement-chome