Loi Duplomb : première victoire contre l’agrobusiness

Loi Duplomb : première victoire contre l’agrobusiness… mais la bataille pour la souveraineté alimentaire continue !

Emmanuel Macron a promulgué la loi Duplomb, amputée par le Conseil constitutionnel de son article réintroduisant certains néonicotinoïdes.

Cette suppression constitue une première victoire, arrachée grâce à une mobilisation citoyenne historique : plus de 2,1 millions de signatures à la pétition déposée à l’Assemblée nationale, soit 4,5 % du corps électoral — un niveau inédit, supérieur au seuil qui, dans plusieurs pays comme l’Autriche, impose l’examen et le vote au Parlement national d’une proposition de loi d’initiative citoyenne.

L’APRÈS rappelle que l’ensemble de la loi promulguée demeure dangereux pour notre santé, la biodiversité, la préservation des sols et de l’eau. Elle ne résout rien à la précarité intolérable dans laquelle survit une majorité de paysan·ne·s.

La loi Duplomb continuera à favoriser une agriculture tournée vers l’exportation, au détriment de la souveraineté alimentaire. Les leviers activés en son nom risquent même d’abaisser la qualité des aliments produits — un contre-sens alors que la richesse des terroirs et le savoir-faire paysan devraient être sanctuarisés.

Comme le soulignent la Confédération paysanne et les composantes du NFP, il est urgent de :

- sortir du système agrochimique et bifurquer vers l’agroécologie ;

- garantir des prix minimums pour rémunérer justement le travail paysan ;

- protéger nos productions des importations agricoles ne respectant pas les mêmes normes sociales et environnementales ;

- instaurer une clause de sauvegarde interdisant l’importation de produits traités avec des substances prohibées en France.

La mise en place d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation et une refonte totale de la Politique Agricole Commune sont indispensables.
Cela doit aller de pair avec un accompagnement massif à l’installation de nouveaux agriculteurs dans des modes de production vertueux, dans un contexte où 50 % des agriculteurs partiront à la retraite dans la prochaine décennie.
Les crises actuelles imposent d’agir vite.

Face à la mobilisation historique contre la loi Duplomb et à la méfiance croissante envers des institutions perçues comme déconnectées et verrouillées, nous refusons de nous contenter d’un simple débat à l’Assemblée nationale. Le retrait pur et simple de ce texte est une exigence démocratique. À défaut, il doit être soumis à un référendum national afin que le peuple décide directement de son sort. Rien ne saurait justifier qu’une telle mobilisation soit ignorée ou contournée.

Publié par L’APRÈS le 14 août 2025