Pour une nouvelle politique tournée sur l’accueil, pour le respect des droits humains.
Protégeons les jeunes MNA !
Un signal fort d’encouragement à la lutte a été donné par l’Assemblée Nationale le 11 décembre dernier : la proposition de loi « visant à protéger les mineurs isolés et à lutter contre le sans-abrisme » a été adopté à la majorité, contre l’avis du Gouvernement ! Une victoire à mettre à l’actif des composantes du NFP qui ont su se retrouver !
Que dit ce projet de loi :
« Lorsqu’une personne qui n’a pas été reconnue comme mineure ou en situation d’isolement saisit l’autorité judiciaire… les effets de la décision… sont suspendus jusqu’à l’intervention d’une décision juridictionnelle définitive. Durant cette période, l’accueil provisoire d’urgence… est maintenu. »
Ce premier article est suivi d’articles exigeant la scolarisation des jeunes, l’encadrement strict de l’évaluation de l’âge des intéressé·es (dont l’interdiction des examens osseux…), et des mesures indispensables de financement de la part de l’État.
La lutte continue jusqu’à l’adoption définitive de cette PPL ! Nous pourrons compter sur l’engagement des député·es de L’APRÈS, membres du groupe Ecologiste et Social, et en particulier sur Danielle Simonnet qui porte ce sujet depuis de nombreux années, dans cette bataille.
Pour l’abrogation de la loi Darmanin et de la circulaire Retailleau !
La politique gouvernementale est une aberration et une fabrique à sans-papiers. La dématérialisation des titres de séjours est brandie pour justifier la fermeture des portes des préfectures. Elles ne reçoivent les personnes migrant·es pour régularisation qu’au compte-goutte. Mais il faut souligner le travail remarquable des associations de défense des droits des personnes migrantes qui ne cessent d'alerter et déposent des recours auprès des tribunaux administratifs ou encore devant le Conseil État comme ce fut le cas en avril 2025.
« La loi immigration du 26 janvier 2024 et la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, ont des conséquences humaines catastrophiques pour les personnes étrangères qui souhaitent travailler, étudier, se soigner, se marier, avoir une vie familiale en France. Tout est organisé pour leur rendre la vie impossible, en les soumettant quotidiennement à une violence sociale, administrative et institutionnelle incompatible avec la promesse démocratique de nos sociétés. » relève la Ligue des Droits de l’Homme.
Halte à l’hypocrisie !
La France doit sortir de cette hypocrisie qui refuse le droit au séjour à des centaines de milliers de personnes présentes sur notre territoire mais accepte bien volontiers leur force de travail : la mobilité ne peut pas être à sens unique.
Nous appelons à une révolution complète dans la gestion de l’accès au séjour des étrangers pour sortir de l’arbitraire et de la maltraitance, pour régulariser celles et ceux qui travaillent, très souvent exploité·es dans la clandestinité. Notre conviction est qu’il faut inverser totalement notre politique et partir du principe que la délivrance d’un titre de séjour doit être la règle et le refus l’exception.
Le budget de la France encore en débat à l’Assemblée nationale fait la part belle aux diminutions de crédits sur les politiques d’intégration indispensables d’abord par l’enseignement de la langue, le logement, l’accompagnement vers le travail. Pour la première année les capacités de logement des demandeurs et demandeuses d’asile sont en diminution alors que la situation actuelle ne couvre à peine que 50 % du besoin.
Ainsi que le souligne l’appel lancé par la Ligue des Droits de l’Homme et repris par nombre de syndicats et d’associations de solidarité avec les personnes migrantes, nous dénonçons les « restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeurs d’asile, refus de régularisation, refus de premier titre de séjour, refus de renouvellement de titre de séjour… obligations de quitter le territoire français (OQTF) systématiques et généralisées, placements en rétention... ».
La politique menée par le gouvernement Français, qui agit en véritable marchepied de l’extrême-droite, s’inscrit dans un contexte international d’intensification des politiques répressives à l’égard des personnes migrantes. L’Union européenne vient de décider de durcir sa politique migratoire en envoyant les demandeurs et demandeuses d’asile dont la demande aura été rejetée vers des pays tiers en dehors de ses frontières. Les images qui nous parviennent des Etats-Unis où les agents de l’ICE traquent sans relâche les étranger·es sous l’ordre de Trump sont insupportables.
Dans ce climat nauséabond, il convient de combattre quelques fausses affirmations et idées reçues sur l’immigration :
L’INSEE a publié le 7 octobre dernier le résultat d’une étude à faire connaître largement sur les étrangèr·es en France. Elle vient contredire les discours nauséabonds tenus par une droite et une extrême-droite décomplexée dans les médias et sur les réseaux sociaux.
« Les immigré·es prennent nos emplois » ?
Faux. L’impact de l’immigration sur le chômage est quasi nul.
Selon le Ministère de l’Intérieur, 12% des actifs sont des immigré·es. Ces personnes se retrouvent dans des secteurs en tension (bâtiment, santé, nettoyage, restauration).
👉 Les personnes étrangèr·es occupent des postes essentiels trop souvent mal payés.
« Les immigré·es vivent des aides sociales » ?
La majorité travaille : en 2024, parmi les personnes de 15 à 64 ans, 80,4 % des hommes immigrés sont actifs, et 63,3% des femmes (source INSEE).
Le taux de chômage pour les hommes immigrés est de 10,9%, contre 7,1 chez les non-immigrés.
L’accès aux prestations sociales est conditionné à la résidence légale et au travail.
👉 Les personnes étrangères cotisent elles aussi : chaque année, les immigré·es versent plus de 60 milliards d’euros en impôts et cotisations.
« L’immigration augmente la criminalité » ?
Les études ne démontrent aucune corrélation directe entre immigration et délinquance.
Les différences s’expliquent davantage par des facteurs sociaux (précarité, jeunesse, inégalités).
👉 En Europe, les pays ayant plus d’immigré·es n’ont pas plus de criminalité.
Manifestons le 18 décembre partout en France.
Retrouvez la carte des mobilisations