Ce qui se passe aujourd’hui en Ariège, l’annonce de l’abattage d’un troupeau entier après la détection d’un seul cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), n’est malheureusement pas un événement isolé. C’est le révélateur brutal d’une politique qui, depuis des mois, conduit à l’euthanasie de milliers d’animaux, souvent dans des fermes familiales, alors même que la DNC ne présente aucun danger pour les humains.
Cette mesure automatique, aveugle, qui consiste à abattre tout un troupeau pour un cas, est vécue comme violente, absurde et intolérable. Et parce qu’elle est intolérable, la mobilisation grandit.
Des faits clairs : une gestion brutale, des paysan.ne.s à bout, des solutions ignorées
Depuis l’été, des éleveurs voient disparaître en quelques heures des animaux qu’ils ont élevés, soignés, accompagnés parfois pendant dix ou quinze ans.
Chaque vache a un nom, une personnalité, une histoire.
Les abattages de masse ne sont pas une simple procédure : ce sont des traumatismes pour les familles, les enfants, les fermes, tout un territoire.
Pendant ce temps, l’État continue de privilégier la protection du “statut indemne” pour l’exportation plutôt qu’une gestion sanitaire raisonnable fondée sur la vaccination.
L’absurdité de ce choix devient impossible à justifier: une mobilisation qui s’élargit et s’enracine
Face à cette violence, le terrain se met debout.
En Ariège, des dizaines puis des centaines de paysan.ne.s, d’éleveurs, de voisins, de citoyens se sont rassemblés pour protéger un troupeau menacé.
Ils ont été rejoints par d’autres départements, par des réseaux paysans, par la Confédération paysanne, par des associations, par des habitants qui refusent de voir leurs campagnes transformées en zones d’abattage systématique.
Ce mouvement n’est ni spontané ni isolé : il s’amplifie parce qu’il est juste, parce qu’il s’appuie sur une conviction partagée : on ne peut pas sacrifier des fermes entières quand des solutions existent.
Partout, des assemblées, des prises de position, des blocages et des veilles se multiplient.
Partout, la société se range du côté du vivant.
Nos positions : pour la vie, pour les paysan.ne.s, pour une politique sanitaire intelligente.
Nous portons trois exigences simples :
- Arrêt immédiat de l’abattage systématique des troupeaux : Un cas ne doit plus signifier un massacre.
- Mise en place d’une vaccination massive et préventive : La seule réponse efficace, morale, durable.
- Confinement des troupeaux et protocoles proportionnés : Tester, isoler, protéger au lieu de détruire.
Soutien à la mobilisation et aux paysan.ne.s
Ce qui se passe est grave, mais l’espoir est là : une mobilisation large, déterminée, qui refuse la cruauté et l’absurdité.
Nous appelons toutes celles et ceux qui le peuvent à :
- soutenir publiquement les éleveurs concernés,
- relayer les appels de la Confédération paysanne,
- rejoindre, partout où c’est possible, les actions pour empêcher de nouveaux abattages injustifiés.
Non à l’abattage des vaches et des éleveurs.
Oui à la vaccination.
Oui au soin.
Oui au vivant.
L’APRÈS