« Il se plaignait de la chaleur » : un ouvrier de 35 ans, employé sur un chantier, meurt après un malaise à Besançon. (30 juin)
Le 2 juillet, Un ouvrier du BTP, âgé de 51 ans, est décédé à l’hôpital après un malaise sur un chantier dans le stade de l’AJ Auxerre. (2 juillet) Ils n’ont que la valeur travail à la bouche. Mais quand il faut réagir face à la mort au travail par la chaleur, y a plus personne. Et pourtant il s’agit de la vie intime de 30 millions de salariés qui bossent par plus 30°.
Le décret honteux du 27 mai 2025
Un décret scandaleux a été publié, le 27 mai 2025 par le gouvernement Bayrou qui prétend se saisir de la question de la chaleur au travail, applicable le 1er juillet Cela fait des années que le réchauffement climatique n’est pas pris en compte au travail. Or, la chaleur tue et le nombre de décès augmente chaque été. Selon l’Agence nationale de Santé publique, depuis 2018, 48 personnes sont officiellement décédées dans des accidents du travail liés à la chaleur. Un chiffre d’ailleurs « largement sous-estimé ». L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) estime qu’un risque apparaît à partir de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour un travail physique, et qu’il faut à chaque seuil prendre des mesures appropriées.
Adapter l’économie à l’humain
Le décret du 27 mai, co-signé par les ministres de la Santé et du Travail, est tout bonnement incroyable. Loin des bureaux, des chantiers et des champs selon Catherine Vautrin et Astrid Panosyan-Bouvet : les salariés ne seront pas consultés ; ce seront les « alertes » de Météo France qui détermine les mesures à prendre. Et quand la météo sera impuissante, ce sera à l’employeur d’« évaluer les risques liés à l’exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur ».
En fait, tout est entre les mains des patrons. Il n’y a aucune obligation précise, vu qu’aucun seuil n’est précisé dans les neuf articles du décret : la « chaleur intense » n’est pas définie (si ce n’est la référence à Météo France), la « température corporelle adaptée » n’est pas fixée, les « indices physiologiques selon l’âge et la santé » ne sont pas définis.
Le seul chiffre mentionné, ce sont les « trois litres d’eau » que les salarié.es seront tenu.es d’ingurgiter. Touchante sollicitude, la mise à disposition par l’employeur de cette eau « potable et fraîche » à ses salarié.es est évoquée à cinq reprises dans le texte du décret. Tout est à refaire en urgence en droit du travail face aux intempéries et canicules (pas de travail au chaud en dessus de 32° ni en dessous de -14° dit l’INRS)
Gérard Filoche