Le Sénat s’attaque au 1er mai : c’est une provocation insupportable contre le monde du travail.
Le jeudi 3 juillet, les sénateurs examinaient une proposition de loi centriste, soutenue par le gouvernement, visant à généraliser l’ouverture des commerces ce jour-là. En choisissant la procédure accélérée, l’exécutif confirme son mépris pour la portée historique et sociale de cette journée, pourtant au cœur de la mémoire ouvrière mondiale.
Le 1er mai n’est pas un simple jour férié.
C’est la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, née du sang et du courage des Martyrs de Chicago en 1886, tombés pour la journée de huit heures. En France, le 1er mai 1891, à Fourmies, la répression d’une manifestation pacifique fit neuf morts, dont la jeune Maria Blondeau, 17 ans : premier meurtre ouvrier de ce jour devenu symbole. Ces sacrifices ont façonné un héritage que nous refusons de voir foulé aux pieds.
Le 1er mai, c’est un jour de mobilisation, de solidarité, de dignité, un temps de lutte pour le progrès social. Le réduire à une simple opportunité commerciale, c’est trahir son sens profond, effacer la mémoire des combats et soumettre jusqu’à nos jours fériés aux logiques marchandes. Car derrière cette proposition, c’est bien une vision néolibérale de la société qui se dévoile : celle qui transforme le travail en variable d’ajustement, épuise les salarié·es, et sacrifie le temps libre au profit des grandes enseignes.
Les plus précaires, premiers attaqués
Encore une fois, ce sont les travailleuses et travailleurs du commerce, souvent les plus précaires, qui devront renoncer à leur droit au repos pour augmenter le chiffre d’affaires de quelques groupes. Ce n’est ni une avancée sociale, ni une nécessité économique : c’est une atteinte directe à un acquis fondamental, une nouvelle casse sociale, marque de fabrique de Macron et des droites. Le projet de loi, attendu à l’Assemblée en septembre, doit être combattu avec détermination.
L’APRES s’oppose résolument à cette attaque.
Nous défendons un autre modèle de société, où la justice sociale, la dignité du travail et le respect du temps libre priment sur la logique du profit permanent. Le 1er mai doit rester un jour chômé, un jour de respect, un jour de lutte. Il appartient à celles et ceux qui travaillent, pas aux intérêts des lobbies économiques. Nous appelons à la mobilisation la plus large pour bloquer ce projet rétrograde et rappeler que nos conquêtes sociales ne sont pas à vendre. Le 1er mai n’est pas une simple date sur un calendrier : c’est un héritage, une promesse, un combat.